croissance et pouvoir d'achat
01-12-2007
Profits des patrons contre acquis des travailleurs
Pauvres, pauvres…capitalistes !
La croissance est le maître mot des capitalistes et des médias, le "moteur" de l'économie, ce qui va permettre de résorber le chômage. Au nom de la croissance le gouvernement s'acharne sur les acquis des travailleurs, laisse le pouvoir d'achat s'effondrer, exonère de cotisations et d'impôts les entreprises et mène une politique de rigueur !
Les réformes en cours touchent les travailleurs, les obligent à travailler plus longtemps (41 annuités pour tous prévues en 2008), à se soigner mal ou à faire des sacrifices, à enchaîner les heures supplémentaires pour garder un même niveau de vie… Pendant ce temps, avec le bouclier fiscal de 60% mis en place par le gouvernement, la "pauvre" Léone Meyer, petite-fille du fondateur des Galeries Lafayette, a touché un chèque de 7 millions d'euros, soit 580 années de SMIC ou la vie de travail de 14 ouvriers, au titre d'un trop perçu des impôts.
Tous les efforts déjà faits par les travailleurs au nom de la croissance, "c'est pour l'ensemble des français" nous rabâche Nicolas Sarkozy qui s'est augmenté de 140%. Faux ! L'observatoire des inégalités et de la pauvreté (BIP 40) a dénoncé en avril 2007 l'augmentation constante depuis 2002 des inégalités en France avec, en cause pour 15%, la précarité qui s'est remise à flamber dans cette même période et les dégradations des conditions de travail. Parallèlement le salaire des PDG est en constante augmentation depuis 10 ans et tout particulièrement depuis 2000. Le salaire moyen, lui, n'a augmenté que de 2.4 % depuis 2000 (source INSEE), bien loin de l'augmentation de 25% en 2006 des revenus de certains PDG (source Capital), et de leurs chiffres inimaginables (27 000 années de SMIC pour Bernard Arnault-LVMH en 2006).
Au delà des chiffres, le système capitaliste oppose inévitablement les travailleurs aux patrons. Les hausses de profit se font en jouant sur le temps et les conditions de travail, et le salaire. La crise oblige les capitalistes français à augmenter le temps de travail des salariés, tout en faisant stagner les salaires, pour maintenir ou augmenter les profits. D'où le discours gouvernemental d'une France qui doit se remettre au travail. Et ça marche très bien ! Les grandes entreprises ont affiché en 2006 de nouveaux records de profit (10% de plus qu'en 2005) grâce à "la maîtrise des coûts salariaux" (dixit un responsable de L'Oréal dans Le Figaro du 13/03/07). Les travailleurs, eux, doivent subir de plein fouet la hausse des énergies ( + 15 à 20 % en un an selon l'INSEE). Et bien entendu, ces nouveaux bénéfices ne seront jamais reversés aux travailleurs qui en sont à l'origine. D'année en année la part des dividendes distribués aux actionnaires augmente (+ 43 % depuis 2004) et celle des investissements diminue. Alors ne parlons surtout pas des salaires quand les actionnaires font pression sur un PDG pour que la masse salariale soit plus faible et que les bénéfices soient plus gros. L'usine Aréna de Libourne a fermé ses portes en mars 2007, quelques mois après être passée sous le contrôle d'un fonds d'investissement italien, en laissant 170 salariés sur le carreau…
N'en jetez plus, la coupe est pleine !
Luc de Chivré
L'Egalité n°128, Novembre-Décembre 2007