Gauche révolutionaire-- Journée internationale pour les droits des femmes


07-03-2011 8 mars : comment continuer après ?

En 2011, nous commémorons les 101 ans de la journée internationale de la lutte des femmes. Nous commémorons ainsi les années de luttes des femmes qui sortent dans la rue pour dénoncer les injustices, la pauvreté et la douleur vécues pendant des années. La lutte pour l´émancipation des femmes fait partie d´une lutte plus ample, celle pour le renversement du capitalisme.

Par Mariana & Cécile

L'Egalité n°148 (mars-avril 2011)

La lutte en 2010


Les récents mois ont vu les femmes du monde entier se soulever contre les conditions de vie qu’elles subissent quotidiennement, que ce soient les travailleuses du secteur textile au Bangladesh, en Chine, au Cambodge, les millions de femmes qui ont pris part aux grèves qui ont eu lieu en Grèce, en Espagne, en France, ou celles qui sont aujourd'hui dans la rue, participant pleinement aux révolutions dans le monde arabe et au-delà.

Les capitalistes font croire que notre époque est celle des droits démocratiques en justifiant que leur système promeut l´égalité hommes-femmes. Mais le fonctionnement propre du système capitaliste empêche cela. Partout, on a observé un recul dans la vie des femmes. Les problèmes de discrimination, d'inégalités, de dépendance... existent bien aujourd’hui.

Femmes et travail


Le nombre de femmes sur le marché du travail est supérieur à celui des hommes, par contre beaucoup d’emplois considérés comme ‘féminins’ sont considérés comme de moindre valeur. Elles doivent souvent subir un temps partiel imposé, avec un petit salaire et des horaires très flexibles, et l’absence de crèches en nombre suffisant rend plus lourde la vie familiale. Avec l´augmentation du chômage et la réduction des droits du travail, les femmes trouveront des emplois toujours plus précaire, avec un bas salaire, sans congé maternité, etc.


Et ce n’est pas mieux dans les services publics. Ceux-ci sont dans un processus de suppressions de postes, dans des secteurs où les femmes sont majoritaires (enseignement santé etc.) ce qui augmente le chômage des femmes. D´autre part, une fois sans les services publics, comme les crèches, les maisons pour les personnes âgées, et sans les services sociaux, ce seront les femmes qui devront rester chez elles pour s´occuper de leurs enfants, parents etc.


L´accès a l´éducation donne des perspectives aux femmes, mais la précarisation et la privatisation de l'enseignement feront que la prochaine génération aura un futur plus difficile que leurs mères. Si toutefois une femme réussit son éducation, son diplôme se traduira de moins en moins par en bon travail avec de vrais droits.


Toute cette situation occasionnera aussi des changements dans leurs vies personnelles : si à un moment beaucoup de femmes ont pu travailler et être indépendante, ce qui permettait une rupture avec des situations malheureuses et abusives, dans ce système, la femme est toujours plus dans une situation de dépendance économique.

Comment lutter contre la violence faite aux femmes ?


En France, une femme sur cinq subit des violences physiques par son compagnon et une femme sur sept est violée. Nous savons que la violence envers les femmes est basée l´inégalité sociale entre femmes et hommes qui entraîne l’idée qu'elle est la propriété de l'homme. La pauvreté et le chômage ne sont pas la cause directe de la violence domestique, car on observe cette violence dans différentes classes sociales, mais l’absence d’indépendance sociale pour les femmes est un élément clé pour le développement de cette violence.

Avec la précarisation du travail féminin, les femmes se retrouvent de plus en plus à devoir accepter des conditions de travail qui peuvent même s'avérer dangereuses. Cela s'est illustré de manière tragique récemment avec « l'affaire Laëtitia », sauvagement violée et assassinée à la sortie de son travail. Sarko accuse les agents des différents services publics de Justice, mais ne s’inquiète nullement qu’une jeune travailleuse de 18 ans rentre seule de son boulot sur son scooter à minuit… Même si dans divers pays, il y a eu des lois progressistes contre ces violences, le manque de services publics empêchera la concrétisation des progrès accomplis.

Il faut défendre le droit à l’avortement et à la contraception !

Il en est de même pour le contrôle des femmes sur leur propre sexualité. Par exemple, contrairement à divers pays, l´avortement est légal en France. Mais ce droit historiquement conquis par les luttes des femmes est menacé aujourd'hui par ce même manque de services.

Le gouvernement français mène la politique de fermer les centres IVG et crée une différence salariale entre les médecins qui travaillent dans ces centres et les autres. Cette différence matérielle entre médecins fait que de moins en moins de médecins vont pratiquer l'Interruption Volontaire de Grossesse. A l’avenir, celles qui souhaiteront subir l’intervention et disposer d'une (bonne) contraception devront payer cher.

Résistance !

Toutes les luttes, montrent que les femmes sont prêtes à donner une réponse aux attaques qu'elles subissent. Les femmes ne vont pas accepter d´avoir une vie comme avant. Elles vont continuer à lutter contre la précarité et pour le progrès social : pour un véritable emploi, de vrais services publics, le droit à disposer de leur corps etc.

Ce sera en luttant ensemble, travailleuses et travailleurs contre ce système d’exploitation, d’oppression, de pauvreté et de misère que les femmes auront leur place dans la société.

Quel rôle pour le NPA ?

Devant la monstruosité du capitalisme, le rôle du parti n´est pas d´entrer dans le débat posé par la droite, en oubliant la lutte concrète des travailleuses, comme ce qui s’est passé en 2010 avec le débat sur le voile. Le NPA doit se concentrer, se former et être un moyen d’organisation collective pour les femmes travailleuses afin de lutter jour après jour contre le système capitaliste.

Dans la prochaine période, le parti doit mener une campagne de revendications concrètes pour les femmes travailleuses, contre la casse des services publics, contre le chômage, tout en donnant une alternative au système. Pour les jeunes femmes, il ne doit pas se limiter à la lutte pour la liberté sexuelle, la contraception gratuite etc. mais également pour un véritable emploi, une éducation gratuite, etc. Autrement dit, le NPA ne doit pas se limiter aux revendications immédiates, il faut qu´il assume son rôle de parti politique. Nous, socialistes, devons proposer l´alternative a ce système dans la lutte concrète.

Rejoignez-nous !

Dès aujourd'hui, femmes et hommes, travailleurs, chômeurs, jeunes... doivent s'unir et lutter ensemble pour de meilleures conditions de vie pour tous. Contre la casse des services publics : pour une éducation, une santé, des services (crèches, cantines, foyers...) publics, gratuits et de qualité pour tous et toutes ! Pour l’avortement et la contraception gratuits ! Pour des logements sociaux de qualité à bas prix ! Indexation des salaires sur les prix ; même travail, même salaire ! Pour un vrai travail pour tous, non aux contrats précaires et au temps partiel imposé !

Nous pensons qu’il est nécessaire pour l’ensemble de la population mondiale, quelque soit le genre, d’avoir une société basée sur la satisfaction des besoins de chacun. Une société dans laquelle les services collectifs seraient largement développés. Une société qui prendrait en charge de manière significative l’éducation et le bien-être des nouvelles générations. Une société qui offrirait de réelles structures aux victimes de violences. Une société dans laquelle les femmes pourraient être complètement indépendantes de leurs conjoints et donc choisir réellement librement.

Mais une telle société ne peut fonctionner que si elle est contrôlée démocratiquement par l’ensemble des travailleurs et travailleuses, et non par une poignée de riches. C’est ce que nous appelons une société socialiste. L’émancipation des femmes ne peut être possible que par l’avènement d’une telle société, tout comme cette dernière ne peut exister que si elle amène une réelle libération de la moitié féminine de la population mondiale.